lundi, 30 mai 2005

La France sonnée par l'ampleur du non au référendum

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La France s'est réveillée lundi matin sonnée par l'ampleur de la victoire du non (54,87%) à la Constitution européenne - que députés et sénateurs avaient voté à 92% trois mois plus tôt - tandis que Jacques Chirac s'apprêtait à réagir en nommant un nouveau Premier ministre.

Jean-Pierre Raffarin, qui a réuni comme tous les lundis à Matignon ses principaux ministres, s'est rendu peu après 09h30 au Palais de l'Elysée. Il devait y être suivi par le président de l'UMP Nicolas Sarkozy et par celui de l'UDF François Bayrou.

Dans sa brève intervention télévisée de dimanche soir, le président de la République a appelé au "rassemblement", dans une situation où le bloc des non n'offre aucune alternative gouvernementale, ayant réuni des forces aussi opposées idéologiquement que le Parti communiste et le Front national, la Ligue communiste révolutionnaire et le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers.

Pour le chef de l'Etat, en fonction jusqu'en 2007, et pour M. Raffarin, c'est le troisième échec électoral en quinze mois, après les régionales et les européennes.

Répétant en l'amplifiant le mouvement du 21 avril 2002 qui avait relégué en troisième position le candidat socialiste Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle, le référendum de dimanche constitue un désaveu cinglant pour les principaux partis de gouvernement, l'UMP et le PS.

Faisant contre mauvaise bon coeur, les ténors du oui n'en ont pas moins salué la participation qui, avec 30,26% d'abstention, a marqué un sursaut par rapport à la plupart des scrutins depuis une dizaine d'années.

Candidat putatif à la présidentielle de 2007, M. Sarkozy a appelé à un "tournant majeur dans les politiques économiques et sociales". "Complètement engagé" dans la campagne pour le oui, selon ses propres termes, il enregistre toutefois son premier revers électoral depuis qu'il a pris la tête du parti présidentiel.

Le PS, dont les militants avaient voté oui à 59% dans un référendum interne est confronté à une crise sérieuse, alors que, selon les sondeurs, 60% de ses sympathisants ont voté non. Un congrès devrait permettre à l'automne de solder les comptes entre le Premier secrétaire François Hollande et ses adversaires du non, en particulier le numéro 2 du parti Laurent Fabius
"Nous aurons à faire un grand débat", a indiqué lundi matin M. Hollande, tout en rappelant qu'il "restait Premier secrétaire".

Le PCF - 3,37% des voix à la présidentielle de 2002 - sort renforcé de la consultation. L'extrême gauche profite aussi largement de la victoire du non. Le Front national de Jean-Marie Le Pen préserve ses positions. Le souverainiste Philippe de Villiers a réussi à s'affirmer entre l'UMP et le FN.

Géographiquement, le vote non a nettement dominé le nord et le midi, le vote oui l'emportant en région parisienne, dans l'ouest (Bretagne et Pays-de-Loire) et en Alsace, ou encore dans les DOM.

A Paris, à contre-courant du reste de la France depuis près de dix ans, le oui a recueilli 66,45% des suffrages, mieux qu'à Lyon (61,35%). En revanche, les Marseillais ont voté non à 61,17%.

Les représentants des institutions européennes ont mis le drapeau en berne, prenant acte "avec tristesse" du non français au projet de Constitution. "Le traité n'est pas mort", a toutefois lancé le président en exercice de l'UE, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker.

Les chefs d'Etat et de gouvernement des 25 ont rendez-vous les 16 et 17 juin à Bruxelles pour se pencher sur la nouvelle donne. Entretemps, les Néerlandais se seront prononcés par référendum mercredi. Comme en France, les institut de sondage prévoient un non au traité constitutionnel.

Commentaires

Chirac demission!!!

Ecrit par : la konchita | lundi, 30 mai 2005

Jacques Chirac, si il avait un minimum d'honneur, devrait démissionner (même si il veut retarder l'heure où ses malversations seront jugées par la justice):
- 24% de popularité ne lui donne plus aucune crédibilité interne ou internationale.
- Tout le monde sait qu'il a entretenu la plus grande machine à laver l'argent sale durant 20 ans de tout le système politique français.
- Ses 10 ans de présidence sont un terrible constat d'échecs répétés, qui succèdent à 14 années de double septennat mitterandien euw même calamiteux pour la nation (tant sur le plan éthique qu'économique).

Bilan:
- des alternances sans vision politique, ou prise de risque
- Une france sur endettée, avec l'un des plus forts taux de chômage d'europe, combiné à l'un des plus forts taux d'imposition
- une classe politique déconsidérée qui ouvre une autoroute à la rue et aux extrèmes
- Un pays divisé au bord de l'affrontement entre une france protégée (fonction publique et para publique), et une france sur exposée (secteur privé, victimes des délocalisations).

Les prochains dirigeants auront qui qu'ils soient un mandat critique. l faut redonner la parole au peuple, élire du sang neuf avec de la vision et une réelle capacité d'éxécution.
Ecrit par : Michel lavergne | dimanche, 12 juin 2005

Ecrit par : Michel Lavergne | dimanche, 12 juin 2005

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