jeudi, 09 juin 2005
L'Etat place difficilement ses titres France Télécom
Les opérations se suivent mais ne se ressemblent pas. En septembre 2004, la cession express par l'Etat de 10,8 % du capital de France Télécom pour plus de 5 milliards d'euros avait été un franc succès sur le marché. Hier, la vente d'une nouvelle tranche du capital de l'opérateur par Bercy s'est soldée sur une note nettement moins triomphaliste. Et pour cause. Quand l'Etat souhaitait céder 6 % à 8 % d'actions France Télécom, il a dû limiter ses ambitions à 6,2 %, récoltant 3,4 milliards d'euros environ. Le plein d'acheteurs n'a donc pas été fait.
Autre preuve du manque d'appétit des investisseurs: le prix de vente de l'action s'est inscrit au plancher de la fourchette initiale fixée entre 22,50 euros et 22,85 euros.
Plusieurs facteurs ont joué pour rendre laborieuse cette opération de placement lancée dimanche soir et menée par la Société générale, BNP Paribas, ABN Amro, Goldman Sachs et Deutsche Bank. Pour de nombreux observateurs, la fourchette de prix était ambitieuse. Elle n'offrait en effet qu'une décote limitée par rapport au cours de Bourse de France Télécom (22,88 euros à la clôture vendredi soir). Or, «dans ce type d'opération de placement massif, les hedge funds sont les principaux acheteurs, explique un banquier. Dans le cas présent, ils n'ont pas trouvé assez attractive la décote offerte au regard de la situation dans laquelle ils se trouvent aujourd'hui». La rentabilité de ces fonds d'investissement dits spéculatifs a en effet été largement érodée ces derniers mois par les conditions de marché.
De leur côté, les investisseurs institutionnels traditionnels auraient généralement répondu présent, même si certains sont restés circonspects du fait de leurs interrogations sur les perspectives du secteur des télécoms.
Au final, les banques chargées de l'opération l'ont clôturée en devant conserver – ce qui n'est jamais bon signe – des actions France Télécom entre leurs mains. Sans que l'on sache dans quelle proportion. Reste qu'à ce stade, cette position résiduelle n'est pas trop problématique puisque, hier, le cours de l'action de l'opérateur s'inscrivait en hausse et au-dessus du prix de 22,50 euros par titre auquel le placement s'est effectué.
L'Etat, pour sa part, aura tout de même réduit sa participation dans France Télécom à 34,9 % du capital.
14:35 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note







Les commentaires sont fermés.