samedi, 11 juin 2005

G8: espoir de compromis sur l'annulation de la dette des pays pauvres

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A un mois du sommet des chefs d'Etat du G8 à Gleneagles, en Ecosse, les ministres des Finances des pays industrialisés semblaient se rapprocher vendredi à Londres d'un accord sur la dette des pays pauvres, sur la base d'une percée américano-britannique.

Les Etats-Unis, qui traînaient les pieds jusqu'à présent, ont fait mouvement sur la question de la dette des pays les plus pauvres et de son annulation jusqu'à hauteur de 100%.

Le secrétaire américain au Trésor, John Snow, et le ministre britannique, Gordon Brown, ont travaillé vendredi sur une position commune, dans le prolongement des discussions en début de semaine entre le président américain George Bush et le Premier ministre britannique Tony Blair à Washington.

"Nous travaillons à un accord", a confirmé vendredi John Snow en marge des premiers contacts informels entre ministres. "Nous avons fait des progrès cette semaine et je crois que nous pouvons en faire d'autres durant les deux prochains jours", a dit Gordon Brown.

"Ce serait un accord historique", a-t-il ajouté, évoquant la possibilité d'une annulation de dette de 40 milliards de dollars.

Si tous les ministres du G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Grande-Bretagne, Russie) s'accordent sur le principe d'une annulation de la dette des pays les plus pauvres pouvant aller jusqu'à 100%, il reste à trancher la question de son financement.

C'est le point crucial. Les Européens estiment que les pays riches doivent remettrent de l'argent dans le système, en lieu et place des pays débiteurs, de façon à permettre aux institutions internationales --Banque mondiale et Banque Africaine de développement, FMI-- de conserver leur capacité de prêts et de financement.

La position américaine semble de ce point de vue insuffisante à d'autres pays du G8, notamment la France et l'Allemagne, qui s'inquiètent de l'avenir de l'Association internationale de développement (AID), gérée par la Banque mondiale et qui regroupe près de 70% des 56,7 mds de dollars de dette des 27 "pays pauvres très endettés" (PPTE).

"Nous n'allons pas pouvoir conclure un accord. Nous sommes encore trop éloignés pour cela", a ainsi déclaré vendredi le ministre allemand des Finances Hans Eichel.

Selon des sources concordantes, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne travaillent à une proposition d'annulation de la dette de 18 pays d'Afrique et d'Amérique latine. Le nombre des pays bénéficiaires pourraient être par la suite augmenté.

L'aide au développement est la priorité affichée par la Grande-Bretagne pour sa présidence du G8, dont le point d'orgue sera le sommet de Gleneagles, du 6 au 8 juillet. Le ministre britannique des Finances, Gordon Brown, avait présenté en janvier un "Plan Marshall" avec pour principaux objectifs l'annulation de la dette et le doublement de l'aide au développement.

Pour doubler cette aide, la France et l'Allemagne soutiennent l'idée d'une taxe sur les transports aériens chère au président français Jacques Chirac. La Grande-Bretagne pousse de son côté son idée d'une Facilité financière internationale (IFF), une structure par laquelle les pays riches se porteraient garants d'emprunts bénéficiant aux pays pauvres.

Après des rencontres informelles vendredi, Gordon Brown devait accueillir ses partenaires pour un dîner vendredi soir, avant une séance de travail samedi. Une rencontre avec les ministres des Finances de Chine, d'Inde, d'Afrique du Sud et du Brésil est aussi prévue samedi matin.

Plusieurs organisations non-gouvernementales (ONG) ont accueilli avec satisfaction cette ébauche d'accord américano-britannique et appelé la France et l'Allemagne à s'y rallier. Pour Jubilee USA Network, il s'agit d'une "avancée significative". Quant à Bob Geldof, l'ex-rock star et activiste irlandais, il a sévèrement critiqué la France, dont la position est "intenable" selon lui.


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