samedi, 11 juin 2005
Le G8 réalise une percée historique sur la dette des pays pauvres
Les ministres des Finances des pays du G8 ont réalisé une percée déjà qualifiée d'"historique" sur l'annulation de la dette multilatérale des pays pauvres, samedi lors d'une réunion à Londres.
Les bases d'un accord ont été trouvées et les ministres ne travaillaient plus en fin de matinée que sur des détails, a-t-on indiqué de source européenne. "Nous voulions une compensation totale des annulations, nous sommes en train de l'obtenir et de mettre en place les dispositifs techniques pour cela", a indiqué cette source.
Un porte-parole du ministère canadien des Finances a confirmé "qu'il semble y avoir un consensus général sur le cadre d'un accord, mais que les détails sont toujours en discussion". "Ce sera clairement un accord historique", a assuré pour sa part le ministre sud-africain des Finances Trevor Manuel, à l'issue d'une rencontre avec les ministres du G8 samedi matin, en compagnie de ses homologues de Chine, d'Inde et du Brésil. L'accord a été trouvé sur la base d'une proposition américano-britannique, la France et l'Allemagne réclamant des garanties sur la préservation des moyens financiers des grands créanciers internationaux.
Le projet d'accord, également qualifié par avance d'"historique" par le ministre britannique des Finances Gordon Brown, concerne les 27 pays pauvres très endettés (PPTE), pour un montant de 56 milliards de dollars. Dans un premier temps, elle concernerait un premier groupe de 18 pays, pour un montant de 37 milliards de dollars. Egalement soutenu par le Canada, il concerne la dette des pays pauvres envers la Banque africaine de développement (BAD), la Banque mondiale ainsi que du Fonds monétaire international (FMI), comme l'avait confirmé vendredi le porte-parole de la Maison Blanche.
Les Etats-Unis, qui jusqu'à présent traînaient les pieds sur les compensations à apporter aux institutions financières internationales afin de préserver leur capacité d'action envers les pays pauvres, ont fait mouvement sur la question, cruciale du point de vue franco-allemand. La France et l'Allemagne soulignent en effet que l'annulation de la dette poserait un sérieux problème à la Banque mondiale et à la BAD, dont la capacité à accorder de nouveaux prêts aux pays pauvres dépend des remboursements qu'ils reçoivent.
Concrètement, les pays du G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Grande-Bretagne, Russie) devraient compenser le service de la dette des pays pauvres, sur les dix prochaines années, à hauteur de 1,5 milliard de dollars par an. En revanche, le G8 laisse pour l'instant de côté l'autre aspect du plan Marshall pour l'Afrique, celui de l'aide au développement apportée chaque année par les pays riches. Il faudrait, selon les Britanniques, la doubler pour la faire passer de 50 milliards à 100 milliards de dollars.
A l'approche du sommet du G8 de Gleneagles en Ecosse et cinq ans après le sommet de l'ONU où furent fixés les objectifs dits du Millénaire pour réduire par deux la pauvreté dans le monde d'ici 2015, un accord sur l'annulation de la dette des pays pauvres n'en resterait pas moins symbolique. L'ancien président sud-africain Nelson Mandela a ainsi appelé les pays du G8, dans une lettre adressée vendredi soir au Trésor britannique, à faire "tout ce qui est en leur pouvoir" pour s'entendre sur l'annulation de la dette des pays pauvres ce week-end.
Les 18 premiers pays qui seraient concernés par l'annulation de la dette sont le Bénin, la Bolivie, le Burkina Faso, l'Ethiopie, le Ghana, le Guyana, le Honduras, Madagascar, le Mali, la Mauritanie, le Mozambique, le Nicaragua, le Niger, le Rwanda, le Sénégal, la Tanzanie, l'Ouganda et la Zambie.
15:21 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








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