samedi, 18 juin 2005

Le pétrole atteint de nouveaux records, se dirige vers 60 dollars le baril

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L'International Petroleum Exchange (IPE), le marché pétrolier de Londres


Les cours du pétrole brut ont atteint de nouveaux records vendredi, dopés par la peur d'une pénurie sur le marché en fin d'année, et beaucoup d'analystes s'attendent à ce qu'ils atteignent rapidement 60 dollars le baril.

"La demande est toujours soutenue et les stocks s'érodent doucement. Les fondamentaux du marché vont dans le sens d'une hausse. Je pense que nous sommes partis pour atteindre 60 dollars le baril la semaine prochaine", prédit Jamal Qureshi, analyste de PFC Energy.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le pétrole brut de qualité "light sweet crude" pour livraison en juillet a enregistré un nouveau sommet historique à 58,60 dollars le baril vendredi, battant son précédent record de 58,28 dollars atteint début avril.

Il a fini la séance sur un gain de 1,89 dollar à 58,47 dollars le baril, un record en clôture.

En un mois, les cours du baril de brut ont donc bondi de près de 12 dollars à New York.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord a lui aussi atteint un record historique vendredi à 57,95 dollars en toute fin de séance, avant de clôturer à 57,76 dollars, en hausse de 1,54 dollar.

"Les gens sont toujours sceptiques sur la capacité de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) de répondre à la demande du marché", estime Marshall Steeves, analyste de Refco.

"L'Opep a laissé entendre lors de sa réunion mercredi qu'ils ne peuvent rien faire pour faire baisser les prix, que c'est un problème de raffinage", renchérit Jamal Qureshi, analyste de PFC Energy.

Le parc de raffinerie aux Etats-Unis n'a pas augmenté depuis les années 70, même si les équipements existants ont été agrandis, et les capacités de raffinage n'arrivent donc plus à suivre la forte demande d'essence et de produits distillés comme le fioul de chauffage et le diesel.

M. Qureshi ajoute que l'Opep a signalé qu'elle n'avait pas l'intention d'intervenir pour faire baisser les cours tant que les prix du panier du cartel ne dépassent pas 52 dollars le baril pendant au moins sept jours, ce qui équivaut à 60 dollars pour le baril de brut coté à Londres ou à New York.

Les déclarations du cartel ont montré qu'il souhaitait que les prix restent à des niveaux très élevés.

M. Steeves cite aussi des problèmes dans des raffineries et l'instabilité au Nigeria, premier producteur d'or noir d'Afrique avec 2,4 millions de barils par jour (mbj) de brut, principalement léger.

"Des inquiétudes géopolitiques ont fourni la dernière étincelle après l'annonce de la fermeture de l'ambassade américaine au Nigeria (en fait le consulat à Lagos, ndlr) pour des raisons de sécurité non identifiées", acquiesce John Kilduff, analyste chez Fimat.

"Le pétrole brut naturellement léger et non-sulfureux du Nigeria est très prisé par les raffineries pour la facilité avec laquelle il peut être transformé en carburant, surtout en essence", explique-t-il.

Le consulat américain à Lagos, capitale économique du Nigeria, a été fermé jeudi après-midi pour des raisons de sécurité. Vendredi, c'est le consulat britannique qui annonçait sa fermeture pour le même motif.

Six employés d'une société privée travaillant pour le groupe pétrolier anglo-néerlandais Shell étaient retenus en otage depuis mercredi par de jeunes militants de la communauté Ijaw dans la région du Delta du Niger (sud du pays).

Le marché redoute une interruption de la production au Nigeria.

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