samedi, 18 juin 2005

Record de commandes pour Airbus et Boeing au salon du Bourget

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Airbus et Boeing ont annoncé plus de 50 milliards de dollars de commandes au salon aéronautique du Bourget, un record dû en très grande partie au constructeur européen qui redouble d'optimisme et affiche son ambition de rester numéro un mondial cette année.

Airbus, qui semblait sur la défensive depuis le début de l'année, a engrangé cette semaine 280 commandes d'appareils, pour un montant total de quelque 33,5 milliards de dollars sur la base indicative du prix catalogue, soit près du double du rival Boeing qui en a vendu 146, pour environ 15,2 milliards.

En incluant 40 avions de la famille A320 (environ 2,4 milliards) achetés par une compagnie pour l'instant non identifiée, les commandes d'Airbus totalisent 36 milliards pour 320 appareils, portant ainsi à plus de 50 milliards le total avec Boeing.

Ces chiffres, qui donnent une indication de la vigueur du marché, doivent toutefois être manipulés avec prudence. Des rabais considérables sont en effet pratiqués par les deux constructeurs, surtout lorsqu'il s'agit de commandes importantes ou s'il faut favoriser la fidélité d'une compagnie émergente.

LE LANCEMENT DE L'A350 CONFIRMÉ

Le Bourget, qui fermera ses portes dimanche, aura permis à Airbus de confirmer le lancement industriel en septembre de son nouveau bimoteur A350, qui fait désormais l'objet de 125 commandes, dont 95 passées lors du salon, et dont le carnet devrait avoisiner les 200 appareils d'ici la fin de l'année.

Le constructeur aéronautique a également engrangé une commande de la compagnie indienne Kingfisher pour cinq exemplaires de son "super jumbo" A380, le clou du salon dont le grand public pourra suivre jusqu'à la fin du week-end les évolutions en vol.

Airbus aura engrangé au total 159 commandes et intentions de commandes pour ce quadrimoteur à double-pont. Le constructeur espère décrocher un client supplémentaire d'ici la fin de l'année.

De fait, les clients proche-orientaux et indiens, dont la croissance des marchés est extrêmement prometteuse, ont représenté l'essentiel des clients des deux constructeurs.

Une nouvelle compagnie indienne, joliment baptisée IndiGo, a ainsi passé d'un coup au Bourget une commande de 100 appareils de la famille des bimoteurs A320 pour environ six milliards de dollars, alors que la compagnie Qatar Airways s'est engagée à acheter jusqu'à 60 exemplaires de l'A350, qui entrera en service en 2010.

FLUX ININTERROMPU DE COMMANDES

La riche compagnie du Qatar a également décidé d'acheter à Boeing 20 exemplaires de son long-courrier B777.

Ce flux ininterrompu de commandes a permis à Airbus de riposter alors que Boeing laissait entendre depuis plusieurs semaines que, pour la première fois depuis 2000, il pourrait enregistrer cette année plus de commandes qu'Airbus.

La campagne de Boeing avait été si convaincante que Hans Peter Ring, le directeur financier d'EADS, la maison mère d'Airbus, avait lui-même jugé possible que Boeing remporte cette année la bataille.

Ce que le directeur commercial d'Airbus conteste.

"Je ne pense pas que Boeing nous dépassera cette année, nous allons conserver notre place et notre objectif est d'avoir environ 50% du marché, a martelé John Leahy, en faisant devant quelques journalistes le bilan du Bourget. "Les clients ont passé des commandes à Airbus alors que Boeing s'est contenté de rédiger des communiqués de presse", a-t-il ajouté.

John Lehay a souligné notamment que des discussions se poursuivaient avec la compagnie aérienne Emirates pour l'achat d'Airbus A350. La compagnie aérienne a déjà passé l'an dernier à Airbus une gigantesque commande de 45 A380, un avion de 555 à plus de 800 places dont le premier exemplaire entrera en service à la fin de l'année prochaine chez Singapore Airlines.

Face à cette reprise du marché, les cadences de production d'Airbus ont fortement accéléré. Le constructeur, dont le siège est à Toulouse, prévoit de livrer au moins 360 appareils cette année et plus de 400 en 2006 contre 320 en 2004 alors que le marché subissait encore les conséquences de la crise du transport aérien qui a suivi les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

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